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1 novembre 2019 | 2 Min de lecture |
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Est-ce utopique de croire qu’il est possible de bien communiquer un concept comme l’intégrité en entreprise?

L’intégrité ne doit pas seulement être l’affaire des dirigeants ou des cadres supérieurs. Ce n’est pas non plus l’apanage unique des gens travaillant aux affaires juridiques, aux ressources humaines ou aux communications d’entreprise.

L’intégrité doit être partie inhérente des valeurs de l’entreprise et, pour qu’elle soit vraiment intégrée à tous les niveaux, il est important d’outiller tous les employés et les différentes parties prenantes de l’organisation. Ceci passe par divers outils de communication, mais aussi dans la manière de communiquer.

Si vous communiquez avec transparence, employés et parties prenantes vous feront confiance et vous soutiendront. Donnez-leur des exemples concrets de décisions éthiques qui sont prises par les différents membres de l’organisation et des conséquences de celles-ci.

Les communications basées sur des faits réels sont toujours plus percutantes qu’un scénario à l’eau de rose. Parce que l’intégrité, ce n’est pas une utopie.

 

 

Quand j’agis à titre de chargé de cours, je propose 5 éléments afin d’intégrer l’éthique au quotidien.

  • LUCIDITÉ : réflexion critique sur soi-même. Nous avons tous un vécu, une éducation, un milieu, des mœurs, croyances, pratiques, principes et valeurs qui influencent comment nous percevons ce que nous vivons. Faire preuve de lucidité, c’est prendre conscience de toutes ces facettes de nous-même. Socrate a dit : « Connais-toi toi-même ! »
  • DISCERNEMENT : réflexion critique sur notre environnement. Nous interprétons notre univers à notre façon. En prenant conscience de nos biais, on se rapproche davantage de la réalité sans se limiter à ce qui satisfait à ce que l’on voudrait voir.
  • ARGUMENTAIRE : justification qui soutient un positionnement. Pour cheminer avec son prochain, il faut savoir créer, présenter, accepter, ajuster des arguments. Sans arguments valables, il n’y a pas de contribution à l’avancement de la compréhension.
  • DIALOGUE : coélaboration de sens qui fait passer du partage des idées à une idée partagée, bonifiée.
  • ATTITUDE : reconnaître que TOUS les humains ont la même valeur.

Voilà, brièvement, un chemin menant à l’actualisation de l’éthique. Nous créons notre univers et il faut en être conscient.

 

 

Jugeons-nous les gestes d’hier avec des yeux différents aujourd’hui?

Les manques d’éthique et d’intégrité du passé viennent aujourd’hui hanter plein de personnalités et organisations publiques qui, pourtant, avaient notre estime. La confiance que le public leur portait est fragilisée, voire brisée.

Nos yeux et notre éthique ne sont pas si différents de ce qu’ils étaient. Hier, nous connaissions tout autant le sens de l’intégrité et des manquements à l’éthique qu’actuellement. Ce qui a changé? Le silence imposé à l’époque a été rompu.

N’eût été le courage des lanceurs d’alerte, l’évolution de la société n’aurait pas été ce qu’elle est. Du scandale du Watergate à l’actuelle situation avec Trump, en passant par le mouvement MoiAussi jusqu’au lanceur d’alerte Louis Robert ici, les briseurs de silence ont fait évoluer la société. Souvent au prix de leur liberté, crédibilité, estime des autres ou perte d’emploi.

Parler a donc un prix? Parfois, oui, mais combien ça coûte de se taire? Longtemps à Montréal, le silence a coûté 25 à 30 % plus cher sur des milliards de contrats.

Le silence d’antan a brisé la confiance d’aujourd’hui. Est-ce réversible? Le nouveau vent de révélations et de transparence peut-il nous redonner de hauts standards d’éthique?

 

 

SAVEZ-VOUS que, le 30 novembre 2018, des modifications législatives ont été apportées à la Loi sur l’éthique et la déontologie en matière municipale? Depuis, le nombre de plaintes en éthique et déontologie concernant des élus municipaux a plus que TRIPLÉ!

Alors que la Commission municipale du Québec recevait environ 150 plaintes par an, la Direction du contentieux et des enquêtes de la Commission (DCE), maintenant chargée de recevoir les divulgations, a reçu en moins d’un an plus de 550 signalements de citoyens sur de possibles manquements aux Codes d’éthique et de déontologie de leur municipalité.

L’assouplissement du processus de divulgation de renseignements et les mesures assurant l’anonymat du divulgateur et sa protection contre les représailles ont eu les effets escomptés!

Et SAVEZ-VOUS que la DCE peut enquêter de sa propre initiative, sans qu’il soit nécessaire – comme avant novembre 2018 – qu’une plainte soit formulée? Ainsi, la DCE a ouvert plus de 50 enquêtes de sa propre initiative depuis moins d’un an.

Au terme de l’enquête, si la DCE est d’avis que les renseignements en sa possession peuvent démontrer qu’un manquement au Code a été commis, elle dépose une citation. Ces citations sont disponibles sur le site Web de la Commission

 

 

La fraude et la corruption représentent des risques matériels majeurs pour les entreprises : atteinte à la réputation, poursuites et pénalités, exclusion de marchés publics, difficultés à attirer, motiver et retenir le personnel.

Dans ce contexte, de plus en plus d’investisseurs sont attentifs à ce que les entreprises gèrent cet enjeu adéquatement. Il est dès lors important que celles-ci divulguent de l’information sur leur approche, mais aussi des données qui démontrent sa mise en œuvre.

Exemples d’informations sur l’approche :

  • Responsabilité et supervision du conseil
  • Politiques et codes de conduite
  • Formations
  • Ligne de dénonciation
  • Évaluation des risques selon les régions
  • Évaluation des partenaires
  • Évaluation des systèmes et processus

Exemples d’informations sur la mise en œuvre :

  • Nombre de mises à jour et expertise du conseil
  • Nombre de dirigeants, employés et partenaires formés par région
  • Sujets des formations
  • Nombre de signalements, d’enquêtes ouvertes et fermées; nombre et types de sanctions (il s’agit plus ici de démontrer la mise en œuvre des politiques que de mettre en évidence de faibles taux)
  • Distribution des partenaires selon le niveau de risque estimé et leur région
  • Publication des éventuelles contributions politiques

 

Pour suivre la série sur LinkedIn, vous pouvez suivre le mot-clic 30collaborateursBIPA.

Lire aussi : 30 jours – 30 collaborateurs : Partie 3


Pour signaler toute irrégularité en matière de passation de contrats ou tout manquement à l’intégrité à la Ville de Saint-Jérôme :

ligne de signalement BIPA

450-431-0031

Formulaire de signalement en ligne >